Il y a quelques semaines, le PDG de Onlive annonçait à ses employés qu’après 3 ans de travail, l’aventure, arrivait à son terme.

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Onlive était la promesse d’une nouvelle façon de consommer du contenu vidéoludique. Steve Perlman, ex-créateur de QuickTime entre autre, venait avec un rêve : pouvoir jouer à n’importe quel jeux sur n’importe quel support en payant un simple abonnement. En premier, étaient concernés les ordinateurs et les TVs (ou box internet-opérateurs), mais avec l’arrivée des tablettes, il était évident que l’entreprise américaine allait proposer sa solution sur ces nouveaux périphériques.

Le procédé technique utilisé était plutôt simple même si couteux : les jeux fonctionneraient sur des serveurs, et les « images » seraient envoyés par internet sur le support de jeux de l’utilisateur. Ainsi, plus besoin d’acheter un ordinateur puissant ou des composants (cartes graphiques, processeurs) puissants. Tout serait géré du côté de Onlive.

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De l’aveu même de Steve Perlman, ne sachant pas combien ils auraient de clients, Onlive a acheté des milliers de serveurs avec leurs contrats de maintenance, etc… Le problème du coût se profilait à l’horizon.

Mais en quelques années, Onlive avait réussi le pari de matérialiser ce rêve de cloud gaming. Jouer à Crysis (1 ou 2), une référence en matière de graphisme léché ou un à jeu plus poétique, Starcraft 2, Total War Shogun, sur une TV avec une simple manette dans les mains, ou sur une tablette ; Onlive le pouvait, et le montrait aux salons (CES, MWC, GDC…).

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Bientôt la petite startup grandissait vite, attirait plus de capitaux et intéressait les plus grosses enteprises du jeux-vidéos et d’autres secteurs. Une grosse année après son lancement aux USA, Onlive lançait son service aux Royaumes-Unis.

Les offres d’entrées aux capitales s’entassaient, Steve Perlman a ainsi refusé les offres de partenariats avec HP et EA, des offres qui approchait les 15 millions de dollars. Pire encore, parce qu’il voulait l’exclusivité des titres de EA et qu’il ne les a pas eu, S.Perlman a décidé de suprimer tous les titres de ce studio de création de jeux. C’est une situation qui a profité à Gakai, l’un des concurrents de Onlive. Cette entreprise a ainsi signé un accord avec EA pour récuperer les titres de jeux-vidéos de ce dernier. Quelques mois plus tard, Gakai se faisait racheter par Sony pour la somme de 380 Millions de dollars.

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En plus de travailler sur des applications de bureaux (Mac/PC) et sur des applications mobiles (iOS/Android), Onlive devait contracter des partenariats avec les fabricants de TV pour y inclure son service. Plus tard même, l’entreprise vendait un bundle : un petit boitier connectable à une TV et une manette de jeux.

L’une des dernières cordes à l’arc de Onlive était de pouvoir streamer Windows 7. Cette simple possibilité permettait de travailler sur Microsoft Office sur une tablette dans un environnement streamé de Windows 7. Onlive rendrait l’iPad (ou n’importe quelle autre tablette) parfait pour la création de contenu (l’un des points qui fait défaut aux tablettes), ou même de retrouver son bureau (environnement) de travail sur une tablette – en situation de mobilité.

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Malgré les ambitions de son PDG, le potentiel de marché, et des offres intéressantes, Onlive ne séduisait pas assez d’utilisateurs pour pouvoir être rentable. Et la raison financière emporta les espoirs du dirigeant de l’entreprise et des salariés.

Je n’ai jamais cessé d’être une machine de collecte de fonds – Steve Perlman

En tout, bien qu’il y ait eu 10 000 beta-testeurs, seulement 1600 utilisateurs furent recensés dans le monde. Mille six cents personnes qui utilisaient Onlive, pendant que l’entreprise elle-même perdait 5 Millions de dollars par mois.

Il y a tout juste deux semaines, Steve Perlman annonçait à ses employés, en conférence fermée, que Onlive était en « Assignment for the Benefit of the Creditors » (ABC), un état de faillite spécifique pendant lequel une entreprise attend qu’un repreneur rachète ses infrastructures. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Cependant, Steve Perlman s’est déjà attribué un nouveau rôle ; celui de CEO d’une nouvelle entreprise, un Onlive 2, où il a repris une base d’employés (les meilleurs sûrement). Les chiffres à cet egard ne sont pas communiqués : ce nouvel Onlive dit avoir repris la moitié de son effectif, alors que des ex-employés affirment que « Onlive 2 » n’aurait repris que 60 personnes.

L’autre problème vient de l’état actuel de Onlive : l’entreprise a énormémement été dévalué, au point que les stock-options et autres parts du capital détenus par les employés ne valent rien du tout. Alors que Gakai a été vendu pour 380 Millions de dollars et que des offres de partenariats étaient chiffrés en millions de dollars aussi, le fait que Onlive ne dégage aucune valeur ajoutée de son expérence en plus de ces infrastructures, est un vrai problème.

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Pour finir, la faute du naufrage de Onlive en incombe à son PDG. Steve Perlman avait le concept, les infrastructures, et l’argent (dont une partie des offres de partenariat) nécessaire pour révolutionner le monde du jeux-vidéos et nous faire entrer dans le cloud computing à grand pas. Il le dit lui même :

« Je suis celui qui vous a amené jusqu’ici – la faillite -. Je suis celui qui a pris les décisions, et je suis celui qui doit en prendre les responsabilités. Je suis désolé que cela n’est pas fini comme on l’avait espéré ».

Comme le titrent certains médias américains d’après ce que des employés de Onlive leur ont dit, le plus grand ennemi de Onlive était l’égo de Steve Perlman.

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Ne reste que Onlive, Gakai et les autres tiennent l’idée et les clés d’un futur succès. La révolution du cloud gaming et du cloud computing a déjà commencé, alors préparez-vous à une dématérialisation complète de vos expériences numériques.