Aujourd’hui sort iWOZ aux éditions Globe, il s’agit d’une biographie de Steve Wozniak, cofondateur d’Apple et créateur des Apple I et II.

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Si Steve Jobs suscite l’admiration et est souvent qualifié de visionnaire ou de génie des temps modernes, beaucoup de personnes (hors du monde de l’informatique) ne connaissent le vrai cerveau derrière la réussite d’Apple dans ses premières années.

Stephen Gary Wozniak, appelé plus communément Steve Wozniak et surnomé le « Woz the wizard » (Woz le magicien) est la personne qui a mis au monde l’Apple I et l’Apple II. Sans lui, Apple n’existerait pas, sans lui, l’informatique personnelle n’en serait pas où elle en est aujourd’hui.

Il existe des paquets de livre sur Steve Jobs, mais très peu raconte l’histoire de Steve Wozniak. Avec iWOZ, le cofondateur d’Apple veut raconter sa vie, dire la vérité, être totalement honnête, et décrire le processus qui l’a conduit à créer deux ordinateurs (et bien d’autres créations) qui ont changé le monde dans les années 70-80.

Les deux valeurs, honnêteté et vérité, sont des mantras pour S.Wozniak, il le répète souvent dans ce livre; elles lui ont été inculqués par ses parents (surtout son père) dans sa jeunesse, et jamais de sa vie il ne se détournerait de ses valeurs.

Ainsi, le livre peut être découpé en 4 grandes parties : sa jeunesse, la BlueBox / HP / le HomeBrew Computer Club, Steve Jobs Apple I et l’Apple II, un mauvais atterrissage et l’après 1985.

Sans trop rentrer dans les détails pour ceux qui voudraient se procurer le livre, je vais tenter de vous faire comprendre en quoi Steve Wozniak est un génie et pourquoi il est regrettable que son nom ne soit pas autant cité que celui de Steve Jobs.

La jeunesse de Steve Wozniak

Né en 1950 à San José en Californie, d’un père ingénieur, il déjà baignait dans l’électronique. Son père, son mentor des premières heures lui a appris les rudiments des mathématiques et de l’électronique.

Il faut dire que son père ne l’a jamais ouvertement poussé dans la voie de l’ingénierie, mais il a été son premier professeur, celui qui lui a expliqué les bases de électronique (le fonctionnement des transistors et des résistances par exemple), la logique, la patience. Alors que les enfants de cet âge (de 4-5 à 10-11 ans) apprennent à compter, Steve Wozniak avait déjà construit plusieurs projets scientifiques scolaires basés sur les préquelles de l’informatique.

Il avait déjà appris le langage de Boole (ou langage booléen), un langage informatique logique à base de ET et de OU.

Il écumait les foires aux sciences des collégiens et lycéens alors qu’il n’était qu’en CE2/CM1/CM2, et les remportait facilement grâce à sa connaissance avancée de l’électronique.

Avec un QI proche des 200 points, il a toujours été l’élève le plus intelligent de sa classe, il surpassait les autres mais ne s’en vantait pas. Ce qu’il aimait, c’était que les gens reconnaissent qu’il était bon en éléctronique.

C’est un point important car à plusieurs reprises, il dit qu’il ne cherchait pas la gloire, mais paradoxalement, il aime parler de toutes ses réussites et des différents prix qu’il a gagné étant jeune. A la fin du livre, il rappellera aussi que c’est lui le créateur de l’Apple I et de l’Apple II, lui tout seul et personne d’autre.

À 11 ans, il construit son propre équipement de radioamateur et enchaînera plus tard sur des équipements plus perfectionnés comme son terminal d’accès à l’Arpanet (l’ancêtre de l’internet), et le Cream Soda, un ordinateur personnel qu’il inventa 5 avant l’Altair, avec moins de composants et un prix moins élevés.

Note : à l’époque Steve Wozniak dessinait tous ses projets sur papiers avant de les recréer avec des composants. Parfois, il ne faisait que dessiner ses projets, il n’avait pas forcément l’argent pour se procurer les pièces qui réaliseraient ses projets finaux.

La BlueBox, Hewlett-Packard (HP), le HomeBrew Computer Club

En allant à l’université, l’horizon de Steve Wozniak s’ouvre encore un peu plus. Les technologies ont évolués, les gens aussi. Ils se retrouvent à feuilleter le magazine Esquire qui parlent d’un groupe de phone phreaking. Des marginaux qui ont trouvés des failles dans le réseau téléphonique de l’opérateur historique Bell.

Cette faille leur permet de passer des appels gratuitement entre état et à l’international via une blue box, un appareil reproduisant les tonalités (les fréquences) des touches téléphoniques.

Cet article va attirer sa curiosité et pendant des semaines il recherchera toutes traces de ces marginaux jusqu’à en rencontrer un, John Draper alias Captain Crunch. Entre temps, Steve Wozniak aura réussi à créer sa blue box et lui montrera lors de sa première rencontre.

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Il rencontrera Steve Jobs lors d’une réunion du HomeBrew Computer Club, un lieu réservé au fondu d’électronique.

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Pour payer ses études, il travaillera dans différentes entreprises, et il atterrira chez HP, Hewlett-Packard, une entreprise dont il rêvait d’y rester à vie. Il travaillera à la fabrication des calculatrices HP, un rêve pour lui.

Et parallèlement, avec son nouvel ami Steve Jobs, il s’est mis à vendre des Blue box sur les campus des universités pour gagner un peu d’argent.

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Steve Jobs Apple I et l’Apple II

Comme à son habitude, Steve Wozniak a imaginé son premier vrai ordinateur sur papier. Il souhaitait reprendre des composants de son terminal Arpanet et amélioré son Cream Soda. A cause de son travail chez HP, cela lui a pris des semaines pour créer les plans des circuits imprimés et des composants à intégrer. Puis petit à petit, grâce à ses connaissances, il a réussi à dégoter des processeurs Motorola 6502 et à étudier comment il fonctionnait. Il a aussi créé le premier programme BASIC (un langage informatique) fonctionnant sur ce processeur.

Quand enfin il a pu rassembler tout son travail en un seul et même appareil, et qu’il en a fait la démonstration au HomeBrew Computer Club, il a alors marqué l’histoire de l’informatique d’une pierre blanche.

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En le montrant à Steve Jobs, ce dernier s’est alors dit qu’il était possible de le vendre déjà monté. Il serait moins cher et plus puissant que l’Altair.

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Apple fut fondé et l’Apple I se vendait déjà très bien pour un projet “humain”.

Puis vint l’Apple II, plus en son temps avec une meilleure RAM, un stockage de mémoire sur cassette, remplacé plus tard par des disquettes Intel, des programmes BASIC plus aboutis et même des jeux…

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L’Apple II s’écoula à plus d’un million d’exemplaire ! C’était le premier ordinateur à connaitre un tel succès. Il permit à Apple d’entrer en bourse, et d’être, à l’époque, la plus grande entrée en bourse depuis Ford ! De nouveaux multimillionnaires venaient de naître.

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Un mauvais atterrissage et l’après 1985

Malheureusement, en février 1981, Steve Wozniak s’écrase dans son avion lors d’un atterrissage. Il souffrira d’une amnésie rétrograde pendant plus de 5 semaines et ne se rappellera rien de l’accident, même encore aujourd’hui. Pendant ces 5 semaines, il ne se rappellera pas non plus de son quotidien. Il était comme dans un état végétatif sans le problème de mobilité.

Cela affectera évidemment sa carrière à Apple : il lui était impossible de travailler pendant cette période, même encore un peu après.

Il décidera alors de quitter provisoirement Apple pendant deux ou trois ans. Il en profitera pour reprendre ses études (sous un faux nom) et obtenir enfin son diplôme d’ingénieur sans aucune difficulté.

Entre temps, l’Apple II se vend toujours aussi bien, mais Apple se concentre sur l’avenir. Et pour Apple, cela se traduit par l’Apple III : un ordinateur qui fera un vrai flop commercial, et qui ne marchait tout simplement pas (il connaissait des bugs récurrents, et avait mal été construit). Personne n’en voulait mais Apple continuait à le vanter.

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L’équipe de l’Apple II se réduisait petit à petit et son budget de fonctionnement aussi. Steve Wozniak qui était dans cette équipe ne comprenait pas qu’on puisse mettre sur la touche l’ordinateur de l’entreprise qui se vendait le mieux, l’ordinateur qui assurait des rentrées d’argent alors que l’Apple III en faisait perdre énormément.

Ainsi, en 1985, un peu agacé par cette situation, Steve Wozniak quitte une nouvelle fois Apple (même s’il n’est pas officiellement parti, il perçoit toujours un salaire chez Apple). Il monte une nouvelle petite société, CL 9, qui créera la première télécommande universelle au monde.

Cette invention est encore venu de Steve Wozniak, celui-ci en avait marre de jongler entre les 5 télécommandes des appareils de son salon (TV, HiFi, magnétoscope,…); il décida donc de créer cette télécommande universelle pour faciliter sa vie.

L’autre Wozniak, le vrai clown

Une autre des facettes de Steve Wozniak qui est très présente dans son livre : son tempérament de blagueur invétéré, un aspect de sa personnalité connue qui lui vient de sa mère. A son actif :

  • Un brouilleur d’ondes
  • Une fausse bombe dans le casier d’un de ses camarades de classe
  • Le faux club d’électronique et son serage de main avec Richard Nixon
  • Le service de répondeur de blague (le premier de la baie de San Franscisco)
  • La combinaison de touche CTRL+Z sur le jeu Breakout de l’Apple II
  • Les prospectus du CES entre MIPS et Processor Technology

Conclusion

Au final, ce livre passe assez vite sur l’ère Apple à proprement parler. Elle effleure le sujet par rapport à la biographie de Steve Jobs écrite par Walter Isaacson. iWOZ se concentre plus sur les débuts de Steve Wozniak et comment il a créé les Apple I et Apple II.

Il rappelle à plusieurs reprises que ce qu’il voulait faire dans une entreprise, c’était d’être un ingénieur. Il ne voulait pas de responsabilité de direction ou autres, il ne voulait se concentrer que sur ce qu’il aimait.

Quand Apple est devenu trop grand et que l’Apple III a pris plus d’intérêt que l’Apple II, son Apple II (il insiste bien pour dire qu’il est le seul qui a construit l’Apple I et l’Apple II), Steve Wozniak s’est senti mis à part et a préféré mettre aussi Apple de côté.

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Steve Wozniak le dit dans la partie “Quelques conseils” du livre :

“Il vous sera plus facile de concevoir des projets révolutionnaires en travaillant seul. Pas en groupe. Pas en équipe. […] Si vous voulez réellement changer le monde, pas simplement travailler dans une entreprise sur les inventions des autres, alors il vous faudra oeuvrer seul.”

Cet état d’esprit lui a permis d’être le premier au monde à concevoir certains appareils et à recevoir beaucoup de récompenses pour son incroyable talent.

La vérité, ce principe cher à Steve Wozniak, voilà l’intérêt du livre : rétablir la vérité, rappeler au monde que le succès d’Apple dans les années 80 ne tient qu’à l’invention d’un ordinateur personnel ouvert au grand public, et construit par une seule et unique personne : Stephen Gary Wozniak.

iWOZ est réédité par la maison d’édition Globe et est disponible dès aujourd’hui au prix de 18,50€.

  • WilliamEl

    I think a visualized display can be superior then simply a trouble-free text, if information are defined in sketches one can without difficulty understand these.