Fondée par d’anciens ingénieurs de OnePlus, L’Atitude 52°N lance Milan, une nouvelle paire de lunettes connectées à 399 euros. Caméra 12 Mpx, traduction en direct, assistant de voyage et stockage local : la marque berlinoise propose une vision moins sociale et plus personnelle du format popularisé par Meta.

Les Ray-Ban Meta ont réglé le premier problème des lunettes connectées : elles ressemblent enfin à des lunettes que l’on peut porter tous les jours. Mais elles restent indissociables du monde Meta, entre assistant maison, application dédiée et partage simplifié vers les réseaux du groupe.
Milan, la nouvelle monture de L’Atitude 52°N, vise un autre public. Pas forcément celui qui veut publier davantage, mais celui qui veut sortir son téléphone moins souvent : pour filmer un trajet, traduire une conversation, écouter une indication ou obtenir un peu de contexte sur ce qu’il regarde.
La différence semble subtile. Elle ne l’est pas tant que ça.En bref
- Monture panto d’environ 50 grammes, avec protection IP65.
- Caméra Sony IMX681 de 12 Mpx, champ de vision de 107°, vidéo 1080p.
- Assistant vocal Goya et traduction en français, anglais, allemand, italien, espagnol et chinois.
- Haut-parleurs open-ear, cinq microphones avec réduction de bruit et autonomie annoncée jusqu’à six heures.
- Stockage local des médias, LED d’enregistrement et aucune intégration native à un réseau social.
- Disponible à partir du 25 août 2026, dès 399 euros.
Des anciens de OnePlus, mais une autre idée des lunettes IA
L’Atitude 52°N a été fondée par d’anciens ingénieurs de OnePlus, un détail qui aide à comprendre l’ambition du projet. Pas besoin d’en faire une nouvelle marque OnePlus, Milan applique simplement une philosophie connue: proposer du matériel ambitieux, un design portable au quotidien et une expérience moins dépendante d’un écosystème fermé.
Face à Meta, la marque berlinoise ne peut évidemment pas rivaliser sur la puissance de distribution, le réseau social ou l’IA généraliste. Elle préfère viser un autre terrain : celui d’une paire de lunettes pensée pour le voyage, la traduction et la capture POV, plutôt que pour prolonger Instagram ou Facebook.
C’est une différence de positionnement plus que de technologie. Milan reste une paire de lunettes connectées avec application, assistant vocal et services IA. Mais elle cherche à placer l’usage avant la plateforme. Une nuance qui peut compter pour les utilisateurs peu séduits par l’idée d’avoir Meta sur le nez.
Une paire pour voyager, pas pour alimenter un feed
Milan adopte une monture panto, une forme plus ronde et plus passe-partout que les designs traditionnellement associés aux objets connectés. Proposée en Olive et Obsidian, avec verres teintés ou photochromiques, elle se veut assez discrète pour une journée de travail comme pour un voyage.
Sous cette apparence classique, la paire embarque une caméra Sony IMX681 de 12 mégapixels avec un champ de vision de 107 degrés, capable de filmer en 1080p. La capture se lance par commande tactile ou vocale, via « Hey Goya ». La marque annonce également des haut-parleurs stéréo open-ear, cinq microphones avec réduction de bruit, une autonomie allant jusqu’à six heures et une protection IP65 contre la poussière et les projections d’eau.
L’assistant Goya sert surtout à des usages concrets : contrôler l’audio, gérer les appels, obtenir des informations sur des lieux ou traduire en direct une conversation en français, anglais, allemand, italien ou espagnol.
Ce n’est pas l’absence d’IA qui distingue Milan des Ray-Ban Meta. C’est ce que l’IA est censée faire ici : accompagner un déplacement ou une interaction, plutôt que faciliter en priorité la publication et le partage social.
Une alternative à Meta, pas une promesse de déconnexion
Il faut néanmoins éviter le raccourci : Milan n’est pas une paire de lunettes entièrement autonome ni un produit déconnecté des services en ligne. Les fonctions IA, de traduction et de synchronisation passent nécessairement par une application et une couche logicielle.
L’argument de L’Atitude 52°N est ailleurs. La marque affirme que les photos et vidéos sont conservées localement sur les lunettes, puis supprimées après leur synchronisation avec le smartphone. Elle met aussi en avant une LED d’enregistrement visible, dont le masquage couperait immédiatement la capture photo, vidéo et audio.
C’est une approche intéressante, en particulier sur un marché où les lunettes équipées d’une caméra posent toujours une question sociale simple : comment s’assurer que les personnes autour de vous savent qu’elles sont filmées ?
Ces mécanismes ne règlent pas tout. Il faudra examiner les réglages de l’application, la politique de confidentialité et le traitement des requêtes adressées à Goya. Mais la volonté de ne pas faire de chaque contenu capturé une publication potentielle est clairement au cœur du positionnement.
L’Intercom Strap, l’idée la plus originale
L’accessoire Intercom Strap pourrait être l’élément le plus révélateur de la philosophie de la marque. Prévu ultérieurement, il doit permettre à huit personnes de communiquer hors ligne grâce au Bluetooth et à un réseau Mesh, sans carte SIM, connexion Internet ou serveur central.
Ce n’est pas une fonctionnalité pensée pour faire une démonstration virale sur les réseaux sociaux. En revanche, pour un groupe en randonnée, un voyage organisé, un événement ou des activités de plein air, elle pourrait s’avérer beaucoup plus pertinente qu’une intégration supplémentaire à une plateforme.
C’est aussi là que Milan se distingue : moins comme une caméra sociale que comme un accessoire de mobilité.
Milan face aux Ray-Ban Meta
| Axe | L’Atitude 52°N Milan | Ray-Ban Meta |
|---|---|---|
| Positionnement | Voyage, traduction et capture personnelle | Lunettes IA intégrées à l’écosystème Meta |
| Assistant | Goya, orienté usage et découverte | Meta AI |
| Réseaux sociaux | Pas d’intégration native annoncée | Partage simplifié vers les services Meta |
| Médias | Stockage local et suppression après synchronisation, selon la marque | Gestion via l’application Meta |
| Communication hors ligne | Intercom Strap à venir : Bluetooth et Mesh, jusqu’à huit personnes | Pas de fonction équivalente annoncée |
| Traduction | Français, anglais, allemand, italien, espagnol et chinois | Disponibilité selon les fonctions Meta AI et les marchés |
Prix et disponibilité
Les L’Atitude 52°N Milan seront commercialisées en Europe et aux États-Unis à partir du 25 août 2026. Elles seront proposées en Olive ou Obsidian, avec verres teintés ou photochromiques, à partir de 399 euros en Europe, 399 dollars aux États-Unis et 349 livres sterling au Royaume-Uni.
Les précommandes seront ouvertes du 18 au 25 août, avec une réduction de 50 dollars/euros annoncée par la marque.
À 399 euros, Milan ne cherche pas à faire oublier Meta. Elle se place dans la même gamme tarifaire et reprend les fondamentaux du segment : caméra, micros, haut-parleurs et assistant vocal. Sa proposition est toutefois plus ciblée.
La marque berlinoise veut séduire les acheteurs intéressés par les lunettes intelligentes mais peu attirés par l’idée de porter une extension d’Instagram sur le visage. À ce stade, c’est une promesse autant qu’une démonstration : il faudra tester la qualité de Goya, de la traduction, de l’audio et de l’application.
Mais l’angle est cohérent. Les Ray-Ban Meta ont rendu le produit désirable. Milan veut démontrer qu’il existe aussi une place pour des lunettes connectées centrées sur le voyage, l’usage personnel et une approche plus retenue de la donnée.





